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« Plan récit XIII Tirana »
2005
bois, acrylique, vernis
50 X 112 X 9 cm

 

 

 

« Plan récit »

Invitation à traverser de l’autre côté, vers l’intérieur, vers l’extérieur. Horizontalité du temps qui s’enchaîne comme un succession de wagons emportant l’espace. Verticalité d’un mur sans fin, en perpétuelle élaboration. Cette série d’œuvres est fortement inspiré par un voyage en Albanie en 2003. Ses montagnes omniprésentes, démesurées, ses villages aux murs de pierre d’un autre âge, l’architecture de ses appartements empilés, aux murs colorés ou blanchis se sont imposés autant par leur caractère primitif que monumental. Pays coincé entre le passé et le présent, il est compliqué d’y entrer comme d’en sortir.

 

 


« Abri pour écrire un roman » 1999
bois, terre, roche, métal acrylique
92 X 153 X 23cm

 

Architecte de l'imaginaire : Abris

Chez Hamel, l'œuvre est une mise en scène. La littéralité ne ferme pas le sens de l'œuvre, bien au contraire, elle permet au regardeur d'ajouter ou de superposer son interprétation à celle du créateur. L'œuvre est utilisée comme un lieu théâtral ; elle présente des lieux cachés, des jardins secrets que nul ne peut découvrir sans plonger sous terre. L'artiste donne accès à ces mondes intérieurs un peu comme s'il sectionnait la terre et en offrait une vue en coupe. Ainsi, il montre constamment la structure cachée des choses ; il montre le squelette de la structure. L'impression d'observer une fourmilière gagne l'observateur même si manquent les fourmis. Telle est la surprise. Chaque mise en scène présente un seul personnage ; il fuit peut-être le vacarme du monde tout simplement pour mieux se retrouver ou se recueillir.

La nature occupe une place importante dans cet univers, elle englobe, enrobe, cache, nourrit ; elle n'apparaît jamais ni menaçante, ni agressive. Le «vrai» paysage n'est donc pas celui de la surface mais celui qui est caché, celui qui est imperceptible.

L'échelle est une constante dans ses œuvres, non seulement elle impose à l'œil sa verticalité mais demeure-t-elle le seul lien entre le terrestre et le céleste. Il n'y a pas de glissade vers n abysse infernal ; il n'y a pas non plus de progression lorsque l'œil regarde vers le ciel. Le silence dans toute son immensité et la solitude règnent partout, il n'y a ni paradis ni enfer. Si l'homme se réfugie au centre de la terre, c'est dans l'idée d'y rencontrer la solitude mais aussi poussé par le désir d'être nourri. Là encore, il ne s'agit pas de nourriture terrestre, au sens propre du terme, mais plutôt d'une nourriture qui relève de l'ordre de la connaissance ; elle permet à l'imaginaire de prendre racine.

Sylvain Latendresse